Journées mondiales des zones humides

Selon les pays cette journée se situera entre le 29 janvier et le 28 février, le 2 février étant la journée commémorative de la convention de Ramsar (2/02/1971). Aujourd’hui il y a 171 pays signataires lesquels s’engagent (en principe) à protéger voire restaurer les zones humides. Mais hélas, comme souvent pour ces engagements porteurs de bons sentiments, la réalité du terrain ne correspond pas aux objectifs du traité.

Une zone humide n’est pas forcément une zone inondée en permanence (même si un fleuve ou une mer est bien une zone humide), il peut s’agir d’un marais intermittent, d’un ruisseau alimentée juste une partie de l’année… l’eau peut être douce, saumâtre ou salée. La zone humide a des caractéristiques végétales spécifiques et elle accueille des espèces particulières en particulier des oiseaux, des amphibiens et des insectes.

L’intérêt des zones humides pour la biodiversité est facile à comprendre, tout comme l’importance de la préservation des ressources en eau pour les besoins humains. Mais on sait moins que les zones humides sont de remarquables puits de carbone qui en retiennent deux fois plus que les forêts, que ce sont aussi les meilleurs outils pour l’épuration des eaux et aussi des remparts importants contre les effets du dérèglement climatique.
Malgré tous ces intérêts 70% des zones humides ont disparu au siècle passé dont la moitié depuis 1970…

Evidemment les conséquences de la perte des zones humides sont moins visibles selon les lieux et les moments, il n’empêche que nous sommes tous concernés y compris sur la commune.


Cette carte est un élément des travaux en cours dans l’ABC de Samois pour identifier la trame bleue et proposer des mesures de préservation.

Vous pouvez aussi participer à l’évènement en février organisé sur la commune :

JOURNÉES MONDIALES DES ZONES HUMIDES À SAMOIS-SUR-SEINE

Samedi 19 février de 13h30 à 15h30

Inscription obligatoire –
Animation : Ornella ALBERTI
(06 14 92 13 47*bio-n@seme-id77.fr

Alors regardons, prenons conscience et agissons là où nous sommes capables de le faire

Buddleia : le bonheur des photographes, le malheur des papillons ?

Nous connaissons tous le Buddleia de David aussi appelé arbre aux papillons. Cet arbuste ornemental vient de Chine. Il est très résistant à la pollution ce qui explique que, planté dans quelques jardins, il prolifère et se répand partout dans la nature. Il s’agit bien d’une espèce invasive, le fait qu’elle soit jolie à regarder n’y change rien. Parler d’espèce invasive sous entend qu’elle prend la place d’espèces locales, il ne fait jamais oublier ce point. Une espèce invasive colonise les terrains qu’elle occupe et, ce faisant, en chasse les espèces autochtones.

Son nom courant vient de ce qu’il attire les papillons et il est vrai que le spectacle est agréable. Le photographe y trouve une mine de clichés. D’autant que les papillons, comme hypnotisés, sont calmes un fois posés sur les fleurs. Il est alors facile de s’en approcher sans geste brusque.
Si les papillons se précipitent et s’agglutinent sur ces fleurs c’est indéniablement parce qu’ils apprécient leur nectar. Or celui-ci contient peu de sucre, pourquoi l’aiment-ils tant ? Certains disent que cela viendrait de l’odeur qu’il dégage. D’autres qu’il y aurait une substance attractive (de la caféine) dans le nectar. La seule chose certaine est que ce nectar peu sucré n’est pas une source très intéressante de nourriture pour les visiteurs.

Les naturalistes ont aussi constaté que les chenilles des papillons ne consomment pas les feuilles de buddleia, or sans chenille pas de papillon !
Dans un écosystème équilibré tout ceci poserait peu de problème car les chenilles disposeraient alentour de nombreuses plantes indigènes pour satisfaire leur appétit. Mais face à une plante invasive il peut y avoir localement un véritable risque. Quand on sait qu’un seul arbuste peut produire 3 millions de graines on prend conscience de ce risque potentiel.

Alors faut-il détruire tous les buddleias ? Comme toujours il est préférable de comprendre les risques et d’adapter les comportements plutôt que de mettre en oeuvre des techniques par tout ou rien. Aujourd’hui, pour fleurir son jardin on peut acheter des plants de buddleia stériles. Et, si dans votre jardin, comme dans le mien, un buddleia est arrivé tout seul, il est utile pour la biodiversité d’éliminer les grappes de fleurs fanées avant qu’elles répandent leurs graines. Et vous pourrez photographier à loisir les visiteurs ailés.

Mais si votre plaisir est d’admirer des papillons autour de vous il y a aussi quelques règles simples :
1/ n’utilisez aucun produit pesticide destructeur du vivant
2/ plantez les fleurs qu’ils aiment et qui sont bonnes pour eux : lavande, thym, camomille, romarin, menthe, bleuet, phlox, grand orpin, verge d’or, scabieuse, berce, lupins, pois de senteur, moutarde, marguerite… il y en a beaucoup. Toutes préfèrent le soleil (comme les papillons).
3/ créez une zone de jachère car les herbes sauvages (en particulier les orties) sont la nourriture de certaines espèces de chenille (si vous aimez les papillons vous devez accepter de cohabiter avec leurs chenilles).

mangeoire à papillons LPO


4/ Vous pouvez aussi leur donner une nourriture supplémentaire en disposant de l’eau sucrée additionnée de purée de banane ou d’autres fruits. Certains recommandent d’accrocher les peaux des bananes (je n’ai pas essayé).