Inventorier l’avifaune des oiseaux à la mangeoire

Votre commune effectue un Atlas de la Biodiversité Communale. Il s’agit d’un projet visant l’amélioration des connaissances naturalistes, mais aussi la sensibilisation des différents acteurs et la facilitation de la prise en compte de la biodiversité dans les décisions. Chacun peut devenir acteur dans ce projet.
Vous pouvez participer à cet atlas en notant les espèces présentes dans votre jardin. Pour cela, nous vous proposons de faire un suivi autour de mangeoires des oiseaux.

L’hiver, la nourriture est difficile à trouver pour les oiseaux. Aussi, nous pouvons leur apporter un complément qui sera le bienvenu ! Mais que leur donner ? Des simples graines de tournesol (non grillées et non salées) à volonté feront parfaitement l’affaire ! Évitez les boules de graisses du commerce avec leur filet qui n’est ni idéal dans la composition ni pour les déchets plastiques … Si vous nourrissez les oiseaux, veillez bien à être régulier dans l’accessibilité à la nourriture, jusqu’au redoux : en effet, les oiseaux vont s’habituer à trouver une ressource alimentaire et en cas d’arrêt de nourrissage en plein milieu de l’hiver, ils auront du mal à trouver autre chose … N’oubliez pas de leur fournir de l’eau également.

Quelle mangeoire ? La meilleure mangeoire est celle fabriquée avec des matériaux de récupération : une bouteille d’eau à bricoler avec les enfants (nombreux modèles sur internet) ou en construire une : une planche d’environ la taille d’une feuille A4, quelques baguettes pour les rebords et un pied ou du fil pour le suspendre et un petit toit. Pour les moins bricoleurs, des mangeoires toutes faites peuvent être achetées. 
Mais comment mettre à profit cette mangeoire qui attire une belle diversité d’espèces ? En apprenant à différencier les espèces qui fréquentent votre jardin ! Vous pouvez vous appuyer sur différents outils présents sur le net, notamment l’illustration en fin d’article consultable sur : http://www.seine-et-marne-environnement.fr/ABC_ressources/ABC_FicheOiseauxMangeoire_A4.pdf


Ensuite, nous vous proposons d’observer les oiseaux durant 5 minutes par jour à cette mangeoire ou 15 minutes sur la semaine et de noter toutes les espèces que vous observez (en cas de doute essayer de prendre une photo). Bien sûr, si vous observez d’autres espèces en dehors de ces temps, les observations sont également intéressantes à noter.

Vous pourrez transmettre vos observations dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité Communale mis en place sur votre commune à l’adresse mail dédiée : ABC@seme-id77.fr En envoyant : la date de l’observation, espèces et nombre d’individus, le nom et le lieu (si possible l’adresse). Pour les plus audacieux directement sur la base de données naturaliste Cettia Île-de-France (https://cettia-idf.fr/). Chacune des observations servira à améliorer les connaissances de votre commune !

Connaitre et Comprendre pour Protéger

Nous vivons sur le territoire d’une commune, la vie y existe sous diverses formes. Ce territoire n’est pas un espace isolé du reste du monde. Les espèces animales circulent tout comme les graines des végétaux.
Pareillement mon jardin partage beaucoup de choses avec ceux de mes voisins. Pour connaitre la biodiversité communale il est nécessaire d’ajouter de multiples observations localisées sur des zones réduites, comme il sera nécessaire de comprendre les cheminements (trames vertes et bleus, arrivée d’espèces invasives…) entre la commune et tout ce qui l’entoure (la Seine, la forêt, les communes voisines…).

C’est pourquoi une forte participation citoyenne est indispensable. Chacun dans son jardin, sur son balcon, dans ses promenades peut (doit) participer. Or il est évident que nous avons du mal à faire connaitre la démarche de l’Atlas de Biodiversité en dehors d’un cercle réduit de passionnés. Nous pouvons tous en parler à notre famille, à nos amis, à nos voisins. Invitez les à rejoindre ce site et à participer. Nous ne réussirons qu’ensemble !

Beaucoup d’habitants sont motivés par la protection de l’environnement local et c’est une excellente nouvelle. Mais protéger sans connaitre est souvent voué à l’échec. Une protection doit être envisagée dans la durée, elle impose donc une négociation entre les parties. La biodiversité repose partout sur deux bases : l’équilibre et le temps. L’équilibre est le seul garant de la pérennité des espèces. Le temps est nécessaire à l’établissement d’un équilibre, à l’émergence de la résilience d’un territoire.

Une autre difficulté concerne la place accordé à l’humain dans la démarche. Pendant des siècles l’homme a été considéré comme l’égal d’un dieu disposant de tous les pouvoirs et de tous les droits. Aujourd’hui une prise de conscience, certes tardive, le replace à sa juste place comme un élément clé de la biodiversité. Il en est un élément car il appartient au monde vivant comme la fourmi ou la fougère. Mais ce n’est pas un élément comme les autres car il dispose de pouvoirs supérieurs grâce aux techniques qu’il a développées. C’est cette même situation qui le positionne désormais en protecteur de la biodiversité dans sa globalité.

Si nous voulons protéger intelligemment la biodiversité sur notre commune il faut commencer par la connaitre et connaitre ses interactions avec ce qui nous entoure. Il faut aussi réfléchir à la place qui revient à l’humain dans le contexte général et prendre en compte ses besoins. C’est l’assemblage de ces données complexes qui permettront de dialoguer pour définir les protections à mettre en oeuvre et assurer leur pérennité.