La trame noire

Vous connaissez la trame verte et la trame bleue, ces cheminements qui sont inscrits dans les PLU pour permettre aux animaux de se déplacer. Ces déplacements leur permettent de trouver leur nourriture puis de retourner dans leur abri ou de rencontrer un(e) partenaire et d’assurer la pérennité de l’espèce.

La trame noire a les mêmes buts en assurant les cycles jour/nuit. Certains animaux ont besoin de la nuit pour se déplacer, trouver leurs proies, un semblable ou un lieu pour assurer leur descendance. Cette nécessité est désormais admise et de plus en plus de communes éteignent l’éclairage public pendant une partie de la nuit. Cette phase d’extinction n’est sans doute jamais assez longue mais il faut aussi tenir compte des déplacements des humains.

Dans nos communes beaucoup de maisons et de jardins sont équipés d’un éclairage extérieur. Si certains installent des éclairages plutôt agressifs, beaucoup utilisent des veilleuses ou des Leds solaires en se félicitant de ne pas consommer d’énergie. Or les études récentes mettent en évidence l’effet dévastateur d’un éclairage nocturne fut il de faible intensité.

Ne confondons pas la sobriété énergétique avec la sobriété lumineuse ! Les techniques modernes rendent beaucoup de choses plus faciles mais il faut toujours penser aux conséquences de nos actes. Avons nous besoin toutes les nuits de ces éclairages ? En avons nous besoin tout au long de la nuit ?

Si vous estimez avoir besoin d’un éclairage extérieur, limitez au maximum le temps et la puissance. Choisissez des couleurs ambrées. Il est démontré que le jaune orangé est celui qui a le moins d’impact. Dirigez les éclairages vers le sol et surtout pas vers le ciel. N’éclairez que la zone la plus limitée possible et évitant la végétation. N’éclairez jamais une zone humide.
Si vous avez un éclairage qui s’allume au passage puis s’éteint, veillez à ce que le modèle ne soit pas mis en service par une branche d’arbre ou le passage d’un chat…

Il existe une règlementation qui date de décembre 2018. Elle définit les critères à respecter pour divers types d’éclairage et divers lieux. Examinons une maison dans trois configurations différentes.

L’éclairage de la première maison n’est pas conforme à la loi (zone trop importante, arbres éclairés, lumière blanche violente, eau éclairée). La seconde maison a un éclairage conforme à la règlementation en vigueur. La troisième maison est occupée par des personnes qui sont conscientes de l’importance de la biodiversité.

Dans quelques mois ce sera Noël et son lot d’illuminations. Cela fait partie de la magie du moment et il est normal d’en profiter. Par contre quelle est l’utilité de les laisser allumées tout la nuit ? Cel concerna aussi bine les collectivités que les particuliers.

Tous les habitants ont un rôle à jouer en matière de lutte contre la pollution lumineuse. Ils peuvent faire pression sur leurs élus mais ils peuvent aussi agir sur leurs propriétés et choisir d’y maintenir l’obscurité ou d’y installer des éclairages ayant le moins d’impact possible sur la faune.

La lettre de L’INPN

L’inventaire National du Patrimoine Naturel publie régulièrement une lettre à laquelle chacun peut s’abonner. On y trouve beaucoup d’informations qui concernent les spécialistes mais aussi des outils de vulgarisation très intéressants.

Avec France Inter des podcasts parlent aux enfants d’une « bestiole » de façon ludique https://www.franceinter.fr/emissions/bestioles

Sur Youtube on trouve toute une série de podcasts créés par l’INPN « pour que la nature vive » qui traite de plein de sujets https://www.youtube.com/playlist?list=PLTQRFUFv4ZkFm6GwS29KjoKAiuLN6DZBH

On y trouve aussi des articles sur tout ce qui intéresse la biodiversité. J’en ai sélectionné un qui parle de la pollution lumineuse généré par … les habitants :

 » La pollution lumineuse, générée par l’éclairage artificiel nocturne, pose de nombreux problèmes, notamment sur la faune, la flore et les écosystèmes. La littérature scientifique étant désormais très abondante sur ce sujet, le temps est venu de passer à l’action pour mettre en place des pratiques plus vertueuses. Dans cette démarche, il ne s’agit pas seulement de réduire l’éclairage public ou celui des commerces ; il est nécessaire aussi d’informer et responsabiliser les particuliers. En effet, ces derniers sont eux aussi susceptibles de générer une pollution lumineuse via leurs propres éclairages (jardin, abord de maison, entrée de garage, …). Mieux, la règlementation française sur les nuisances lumineuses s’applique également à ces éclairages, ce que beaucoup de personnes ignorent. Alors que de nombreux acteurs socio-économiques ont pris conscience de leur impact sur la biodiversité la nuit, telles les communes qui mènent des actions de plus en plus poussées sur l’éclairage public (lumières ambrées, extinction en cœur de nuit, sources lumineuses dirigées vers le bas, etc.), il est important de sensibiliser les citoyens au rôle qu’ils peuvent jouer dans cette lutte globale contre la pollution lumineuse. »

Voilà de quoi alimenter un prochain article mais aussi les conversations…