Les listes rouges

Sous cette appellation ne sont pas cités les individus peu recommandables mais bien les espèces animales et végétales qui sont en danger critique.

Les Listes rouges sont des outils permettant de mettre en lumière le risque d’extinction qui pèse sur les espèces d’un territoire défini. Elles ont vocation à présenter un état des lieux pouvant servir de base à la priorisation d’enjeux de conservation. L’élaboration d’une Liste rouge comporte également une notion de dynamique temporelle, puisque cet outil est prévu pour être réexaminé tous les cinq ans, ce qui permet d’apprécier les progrès accomplis dans la conservation des espèces, ainsi que les efforts à poursuivre. Elles visent par ailleurs à informer et sensibiliser pour une meilleure prise en compte des espèces et de leurs enjeux, en amont des projets émis par les décideurs.

Ces listes sont faites à partir de recensement à diverses échelles : mondiale, nationale et régionale. Elle sont constituées à partir des observations faites soit par des spécialistes, soit par des citoyens intéressés par la biodiversité de leur environnement. Les sciences participatives sont essentielles à la réussite de ces investigations. Les yeux de chaque personne sont le meilleur outil pour voir le vivant. Il faut juste de la curiosité et la compréhension de l’importance d’une biodiversité dont la richesse est le meilleur gage de l’équilibre.

Actuellement, en Île-de-France, cinq groupes d’espèces ont bénéficié de l’évaluation permettant d’établir leur risque d’extinction : la flore vasculaire, les oiseaux nicheurs, les libellules, les papillons de jour et les chauves-souris.

huppe fasciée

En Ile de France on identifie 17 oiseaux nicheurs en danger critique comme le balbuzard pêcheur ou la sarcelle d’été. On note aussi 13 espèces considérées comme disparues comme la bécassine des marais ou la pie-grièche grise. Enfin 17 sont considérées en danger comme le bruant des roseaux ou la huppe fasciée.

Vulcain

Quand on compare les observations au fil des années on constate que la situation se dégrade toujours plus.
Cette constatation pour les oiseaux nicheurs est identique à celle que nous pouvons avoir pour la flore vasculaire (plantes dont les racines puisent l’eau et la diffuse dans la plante), pour les insectes ou pour tout ce qui vit autour de nous. Si les menaces peuvent varier en fonction des taxons, la comparaison entre les différents groupes évalués révèle que les papillons de jour sont les plus menacés en Île-de-France, avec plus du tiers menacé ou déjà disparu.

En Ile de France le sol est occupé à 51% par des terres agricoles. Mais pour près de 90% de ces terres l’exploitation concerne les céréales de façon intensive. Or la biodiversité a besoin de prairie, de landes, de jachères… c’est à dire de surface en herbe (plus ou moins folles), de fleurs sauvages, de bois mort…

La présence d’un milieu forestier important en Ile de France est positive . Ces milieux sont propices à la biodiversité à condition d’être constitués d’espèces variées, d’avoir un sous bois riche en espèces spontanées et des lisières graduées (pas de rupture franche). La présence des milieux humides est également importante, la prise en compte de leur conservation voire de leur restauration est indispensable.

Nous pouvons tous participer à la collecte de ces informations autour de nous. L’Atlas de la Biodiversité Communale est fait pour cela. Il n’est nul besoin de chercher des espèces rares, chaque espèce repérée est une donnée importante.
Nous pouvons aussi tous contribuer à protéger la biodiversité. Nos jardins, nos maisons, nos rues … tout ce qui nous entoure peut y participer. Il suffit de le vouloir.