Les hirondelles sont de retour !

Elles reviennent nicher sur la commune après un long voyage. Elles nous apportent le goût du printemps.

Nous pouvons observer à Samois deux espèces différentes : l’hirondelle rustique et l’hirondelle de fenêtre

L’hirondelle rustique à la gorge couleur brique. Elle préfère construire un nid ouvert  qu’elle accroche à un poutre dans une grange. Elle fréquente plutôt la périphérie de la commune. C’est une espèce à préférence rurale.

L’hirondelle de fenêtre a la gorge blanche. Elle colonise plutôt des dessous de toit du centre de la commune avec des nids n’ayant qu’un petit trou d’accès. On la rencontre dans les villes.

Les hirondelles se nourrissent exclusivement d’insectes qu’elles attrapent en volant. Ainsi selon la pression atmosphérique on les voit chasser haut dans le ciel ou au contraire bas. Elles nous avertissent du temps qu’il va faire aussi bien que les grenouilles.

L’usage des pesticides pour détruire les insectes a fortement détruit les hirondelles. Dans les années 90 j’en avais une vingtaine de couples dans mon jardin, aujourd’hui quand j’en ai seulement 6 je me réjouis. La Ligue pour la Protection des Oiseaux détaille ci -dessous les menaces qui pèsent sur les hirondelles.

  • Les pesticides directs : leur impact nocif sur l’environnement n’est plus à prouver. Leur utilisation détruit notamment toute présence d’insectes volants.
  • Les pesticides indirects : lorsque les hirondelles ingèrent des insectes contaminés, elles stockent dans leurs graisses tous les polluants qui agissent comme de véritables bombes à retardement lors de la migration (période pendant laquelle les graisses sont majoritairement utilisées).
  • La suppression des haies : le remembrement des parcelles agricoles entraîne l’arrachage de nombreuses haies, véritables réservoirs d’insectes, privant ainsi les oiseaux dans leur ensemble de ressource alimentaire.
  • La raréfaction des sites de nidification : les surfaces des constructions modernes souvent à base d’acier, de verre et de béton, sont trop lisses et ne permettent pas aux hirondelles d’y installer leur nid de boue. De plus, de nombreuses ouvertures dans les anciennes granges, greniers et autres hangars sont condamnées et privent d’accès les oiseaux. L’absence de points d’eau (telles que les mares autrefois présentes dans chaque ferme) est également un frein à la construction des nids.
  • La destruction volontaire : une des très fortes menaces concerne la destruction volontaire des nids par les particuliers suite aux salissures sur les façades. Les dégâts sont d’autant plus importants que les hirondelles réutilisent le nid de l’année précédente pour leur nichée. Il est important de rappeler que les hirondelles sont intégralement protégées par la loi (article L411-1 du code de l’environnement) et leur atteinte est également punie (article L415-3) par une amende pouvant aller jusqu’à 15 000€ et/ou un an de prison.

Vous pouvez aider les hirondelles en installant des nids artificiels, elles les acceptent volontiers en particulier les hirondelles de fenêtre. Vous pouvez aussi leur donner des tas de boue ce qui constitue la matière première de leur construction. Elles ont également besoin d’eau. 

Il est vrai que sous un nid d’hirondelles pas mal de déjections s’accumulent au fil des nichées (deux à trois par saison de nidification). On peut s’en réjouir et utiliser ce cadeau comme engrais. On peut aussi prendre des précautions pour ne pas laisser n’importe quoi au mauvais endroit.

Enfin n’oubliez pas que toutes les hirondelles sont protégées et que la destruction de leur nid quand elles sont en visite chez nous est interdite par la loi. Accueillir chez vous des hirondelles est un excellent moyen de ne pas avoir de moustiques !

Plaidoyer pour les mauvaises herbes

En langage courant on regroupe sous cette appellation tout un ensemble de plantes dont la composition varie selon le lieu et le moment. En fait pour les plantes le terme réel est adventice ce qui veut dire « ne fait pas partie de la chose », survient incidemment, s’ajoute accessoirement. On comprend alors que tout dépend de la « chose ».

Il y a encore quelques années la seule réponse apportée était l’usage des produits phytosanitaires et une chasse totale à ces intruses. Les caniveaux de Samois s’en souviennent. Le temps a passé et nous savons aujourd’hui que tous ces produits détruisent à la fois notre environnement et notre santé. Alors il a bien fallu s’adapter. De nouveaux procédés de chasse aux adventices ont été mis en œuvre mais beaucoup moins performants ils nous ont amenés par obligation à accepter de voir un peu partout pousser des mauvaises herbes.  

Peu à peu nous les avons regardées et nous avons découvert qu’une mauvaise herbe pouvait être une bonne herbe selon le regard que nous portions sur elle et le temps passé à mieux la connaitre. Même le chiendent qui nous attaque partout et se répand avec une facilité déconcertante est utile comme diurétique et anti inflammatoire des voies urinaires. En temps de disette nos ancêtres utilisaient ses rhizomes comme un ersatz de farine. Les chiens et les chats le mangent pour nettoyer leur estomac. Les chevaux qui en consomment ont une robe plus soyeuse. Alors est-il vraiment mauvais ?  Il n’empêche qu’il est difficile de s’en débarrasser là où il n’est pas le bienvenu. Alors si vraiment il vous empoisonne la vie plantez des œillets dinde et des soucis, le chiendent les fuit et les limaces aussi!

Et que dire de toutes les autres herbes qui n’ont pas été invitées ? On connait désormais leur rôle essentiel pour la protection du sol et pour la préservation de la biodiversité. 

Des études récentes montrent que les impacts sur les rendements agricoles ont souvent été mal interprétés. Il est certain que la présence de quelques espèces d’adventices compétitrices avec la culture et devenues résistances aux traitements chimiques en fait baisser le rendement.  A l’inverse une plus grande diversité d’espèces au sein d’une communauté adventice permet une meilleure complémentarité dans l’usage des ressources (lumière, eau, azote, …) que se partagent les adventices et la culture, et ainsi réduit l’intensité de la compétition. A chaque fois que nous parlons de biodiversité la richesse variétale du milieu est un facteur positif car elle assure l’équilibre de l’écosystème. 

Il ne s’agit pas de laisser se développer partout tout et n’importe quoi. Il s’agit juste d’admettre que chaque plante, fut-elle qualifiée de mauvaise, a de bons côtés et mérite notre intérêt. Apprenons à mieux les connaitre pour mieux comprendre leur apport dans la nature et pourquoi pas dans nos assiettes (ortie, lierre terrestre, pissenlit…). Découvrons leurs usages dans la pharmacopée cela éveillera notre intérêt et peut être même notre respect. Réservons leur un peu de place dans nos jardins et au pied de nos murs, elles accueilleront des insectes régulateurs comme les coccinelles. Et admirons aussi les fleurs qu’elles offrent aux butineurs et à nos yeux. 

Seul un effort de connaissance de ce qui nous entoure peut nous conduire à en comprendre la valeur et nous inciter à chercher des solutions de cohabitation dans le respect des équilibres de la nature.